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Michel Roy

6 octobre 2008

S’identifier à la joie de vivre

Un enfant se sent petit face à ses parents, puis face à ses professeurs, à ses frère et sœur plus vieux, à l’égard des adultes. Cette petitesse que l’on a éprouvée étant enfant, on la ressent toute notre vie durant. Cet abaissement de soi que l’on vit face au monde, face à la vie, demeure jusqu’au jour où l’on décide soit de se soumettre à l’autorité ou de s’y rebeller.

Dès que l’on désire être grand nous aussi, c’est qu’on commence à s’identifier au monde des adultes. Plus jeune, l’enfant n’a peur de rien parce qu’il n’a aucune référence, il ne connaît pas le danger. Plus il devient conscient des dangers que le monde des adultes se charge de lui enseigner, plus il a peur. Plus il a de référence négative, plus il se protège et se forme une personnalité. Il se protège au détriment de sa spontanéité.

Peu à peu ses peurs et résistances l’empêcheront de s’épanouir et de créer en toute liberté. Cette personnalité ou ego nous porte à nous réfugier plus souvent qu’autrement dans notre mental. L’enfant cesse d’être intimement relié à ses émotions, il cesse donc de vivre de l’intérieur pour se concentrer davantage, comme on le lui a appris, sur l’extérieur, le matériel, la maison, l’auto.

En somme, il est dans l’image au lieu d’être dans son  cœur. Le mental se nourrit de peurs, de résistance parce qu’il a comme tâche de nous protéger. Peu à peu, il érige des barrières qui nous empêchent aussi d’entrer en relation avec les autres, qui nous empêche d’aimer et conséquemment d’être dans la joie de vivre.

Seule l’intériorisation nous fait reprendre contact avec ce petit enfant en nous. Redevenir un petit enfant face à la grandeur de l’univers nous rend la vie plus simple. Cette simplicité est la clef pour une introduction à la spiritualité. Se sentir petit devant la magnificence, la beauté de la nature est sain en soi.

Par contre, si on se sent grand par rapport à cela, je dirai qu’on souffre d’un complexe dont, probablement, je suis le seul à ne pas s’en apercevoir puisque c’est extrêmement désagréable pour les autres. Je ne dis pas qu’un enfant ne peut pas être fier ; un enfant qui est fier ne se sent pas meilleur qu’un autre. Il se retrouve dans la joie de vivre parce qu’il a obtenu ce qu’il voulait. Et ce qui apporte bien souvent de la joie à un enfant, c’est la créativité.

La joie de vivre est l’une des sources d’énergie vitale les plus prodigieuses. Même si elle semble s’avérer être en soi le résultat, après tant d’effort, elle laisse sous-entendre aussi qu’elle est la récompense au bout de la persévérance qu’on a exercée avec détermination. Elle peut également être éprouvée dès le début avant d’entreprendre un projet qui nous tient à cœur et nous alimenter tout au long jusqu'à sa réalisation.

Lorsque nous avons la joie de vivre, c’est que tout va quand même assez bien et ce, dans tous les domaines de notre vie, et que nous maintenons un équilibre de vie assez stable. Les efforts déployés pour la maintenir à flot sont remarquables. Si vous me dites que la joie de vivre est naturelle et que vous l’avez depuis votre jeune âge, vous voulez sûrement dire que vous la travaillez depuis votre jeune âge.

Eh oui, elle se travaille de longue haleine pour se préserver en maintenant l’enfant en soi bien en santé, parce qu’elle se perd si facilement lorsque les peurs embarquent. En fait, cet état d’âme se retrouve dans tous les petits enfants, car nous l’avions tous au départ. Les efforts que nous avons eu à faire auront été pour la sauvegarder, pour nous exercer à la maintenir en santé contre vents et marées.

Dans cette vie, maintenir un équilibre de vie dans tous les domaines de façon à ce que nous maîtrisions bien la situation et tout en gérant bien nos émotions n’est vraiment pas évident. Pour être dans la joie de vivre, cela consiste à retrouver le petit enfant libre en nous en dépit de tout le reste et d’apprendre à vivre avec au grand jour, au jour le jour.

Il y a des événements dans la vie qui nous la feraient perdre à tous. Le mérite dans tout cela, c’est d’être capable de la retrouver après l’épreuve, de l’entretenir afin qu’elle continue de produire cette énergie vitale incomparable avec toutes les autres.

Un curé en perd son latin, un enfant délaisse ses jouets lorsqu’il est malade. En quoi seriez-vous si différent des autres ? La joie de vivre s’entretient par un sourire quotidien qu’on se fait le matin dans le miroir ou à un ami qu’on apprécie beaucoup. Surtout lorsque ça ne va pas et qu’on ose se regarder dans le miroir et de s’en faire un quand même ou de se faire une grimace pour se faire rire ou même oser faire un sourire à une personne qui ne nous est pas aimable.

S’entretenir en ne perdant pas de vue ce qu’on désire après tout, c’est cette joie de vivre qui nous alimente d’une énergie hors du commun, celle qui nous procurera de l’énergie qui nous permettra de passer à travers les épreuves les plus difficiles. Un moyen de se ramener au travail, entre autres, est de se poser la question suivante : « Suis-je plus centré sur la tâche plutôt qu’à l’importance des relations humaines ? »

Et rappelez-vous qu’on ne peut avoir la joie de vivre, on ne peut qu’être dans la joie de vivre. Lorsqu’on est dans l’avoir, on parle de quelque chose qui a une finalité en soi, comparativement à lorsqu’on est dans l’être, nous parlons de quelque chose qui n’a pas de fin.

Alors soyez dans la joie de vivre de façon infinie et non de façon finie et éphémère. Laissez-nous sur une soif, sur l’envie de le vivre nous aussi, afin que les gens autour de vous aient aussi le goût de répondre à l’appel avec une envie folle d’y être eux aussi éternellement.

 

On entend souvent dire tu en vaux la peine, pourquoi ne pas plutôt dire tu en vaux la joie.

 

 

Allia de l'album AWAKENING THE HEART