J'ai commencé à fréquenter des centres de réhabilitation et de désintoxication, à faire des thérapies, à être suivi par des agents de probation, travailleurs sociaux, agents criminologiques, psychiatres dès l'âge de 14 ans. À ce moment, malgré ces crises de l'existence que j'ai eues à traverser, j'avais fait de la prévention, dans les écoles, auprès de 1 500 élèves, j'avais travaillé dans des maisons de jeunes, dans deux maisons de réinsertion sociale, siégé dans quelques conseils d'administration et œuvré auprès d'organismes à but non lucratif en tant que bénévole.
Je me suis impliqué et presque livré une bataille sans borne. Il y a eu parfois de ces moments où je me suis demandé si ce que je faisais n'était pas seulement un coup d'épée dans l'eau. Était-ce un combat sans pitié dans lequel je me suis engagé, tel David contre Goliath? Est-ce que cela valait vraiment la peine de me démener contre vents et marées, de faire tant de sacrifices, de déployer tant d'énergie et de temps sans percevoir à l'aube des résultats qui furent satisfaisants, du moins qui me permettraient de me donner suffisamment d'énergie pour poursuivre ma mission de vie?
Je vous décris ici les étapes de la démarche que j'ai entreprise, un jour, pour parvenir à me réaliser pleinement sur les plans humain et spirituel. À partir de témoignages à cœur ouvert, je vous invite à me suivre dans le cheminement que j'ai parcouru et qui m'a mené au début d'un cheminement sur la voie de l'évolution.
J'avais, depuis l'adolescence, gardé en secret quelques poèmes que je ne dévoilais qu'en toute intimité. Je ne m'y résignais qu'à cœur ouvert. Je pensais me mettre à nu dans ces quelques lignes. Elles n'étaient en réalité que le début d'un cheminement personnel. Ce dernier passait de la découverte de qui je suis à la connaissance de ce moi et cela jusqu'au plus profond de mon être où il m'était possible d'aller. En fait, cet exutoire m'a sauvé la vie : « Si je n'avais pas écrit, j'aurais réussi mon suicide ».
Je me plais plus particulièrement à dire «que je n'écris pas, je m'écris, d'abord». Alors ces textes ne sont que la verbalisation de mes émotions, de mes sentiments; un vécu raconté avec des mots qui expriment avant tout mon expérience intérieure. Il ne m'était jamais arrivé de mettre la main sur des écrits qui mettent des mots sur ce que quelqu'un avait vécu intérieurement. C'est là le défi que j'ai tenté, bien naïvement, de relever, jusqu'à ce que Bertrand Gendron, f.m.s. mette la main sur ces écrits et me dise en s'exclamant: « Ce que tu as Michel, si tu ne le partages pas, tu le perdras ».
À ce moment-là, Bertrand était conseiller pédagogique. Il m'offrait l'aide qu'il me fallait pour passer à l'étape suivante: la correction des textes. C'est à cette tâche que nous nous sommes attablés, vous comprendrez facilement. D'emblée, ma sœur Linda, secrétaire depuis une dizaine d'années à ce moment-là, s'offrait elle à dactylographier le tout et Anne, ma conjointe, linguiste, professeur de français, étudiante par surcroît en orthopédagogie, se joignit à nous. Comment pouvais-je refuser? Tout le support nécessaire était en place pour que naisse enfin un premier volume, ce premier volume.
Bertrand était également impliqué dans le Réarmement moral. Il préparait un projet de cheminement à dimension familiale, professionnelle, morale et spirituelle. Le thème était apprendre et enseigner dans un monde en mutation afin de mieux œuvrer auprès des démunis. Nous nous inspirions, dans nos discussions, de l'approche du Réarmement moral qui ne faisait pas mention des sujets qui pouvaient susciter la controverse, tels que la religion, la politique, etc. Non, bien au contraire, l'accent était mis sur ce que nous étions et réalisions de concret, de palpable dans notre milieu afin que ce dernier progresse.
Ce projet lui tenait d'autant plus à cœur, que le Réarmement moral sollicitait l'appui et la collaboration de ses membres de Québec. On voulait des représentants du Québec aux sessions de formation au Centre mondial de Caux, en Suisse. On y envisageait, plus particulièrement, certains problèmes sociaux. Ici, un certain contexte s'expliquait difficilement. Il nous interpellait dramatiquement. Cette année-là, le Québec détenait de tristes records. En effet, notre coin de pays occupait le premier rang pour le suicide chez les jeunes, les familles monoparentales et le décrochage scolaire. Nous devions faire quelque chose dans l'immédiat. Il était important que l'on passe à l'action.
Peu de temps auparavant, il m'avait été donné de participer, comme intervenant, à une table ronde. Le sujet envisagé portait sur la démystification chez les bénéficiaires, de ce que sont les aidants naturels et les aidants professionnels. Ce colloque avait été organisé, à l'occasion de l'Assemblée générale, par le Conseil des églises pour la justice et la Criminologie, en collaboration avec le Centre communautaire justice et foi. J'ai l'impression que je cadrais parfaitement dans le décor. J'avais non seulement vécu ces problématiques mais j'étais, sans trop le savoir, déjà un peu passé de bénéficiaire à aidant naturel.
De plus, Bertrand siégeait également au conseil d'administration de mon dernier employeur alors que j'étais intervenant à la Maison Marie-Frédéric, maison de réinsertion et de réadaptation sociale. De fil en aiguille, l'autofinancement de ma présence à Caux a été rendu possible, grâce aussi à ce qui a pu rester de la vente de mon premier volume « D'un ange révolté à Dieu ». Fait à noter, la personne toute désignée pour préfacer ce volume était bien naturellement mon intervenant Bertrand Gendron. Le 16 juin 1992, fut la date mémorable du lancement officiel, au Montmartre canadien. Le tout fut couronné de succès. Le voyage qui suivit fut aussi le tremplin, non pas seulement d'un stage en Suisse, mais aussi d'une randonnée en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, 35 jours, imaginez! Parti le 6 juillet de la même année, avec deux autres amis, Guy, Denis et comme mentor Bertrand bien entendu. Durant ce voyage, j'étais en pleine effervescence de croissance intérieure: les idées surgissaient à flot; je me sentais en intense euphorie de mes moyens. Les mots dans ma tête immortalisaient les émotions que je vivais. J'avais alors, et sans trop m'en douter, l'inspiration nécessaire, parfois même dans la douleur toutefois, à la naissance d'un deuxième volume.
Énergie spirituelle de l'album LE CHANT DES ENERGIES Vol.2
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